Encabezamiento

NEWSLETTER 28

Mai-Juin  2013

EDITORIAL:

Idées de minuit sur l’importance d’un réseau international

Les journées étaient assez chargées et je savais que le seul moment possible pour écrire cet éditorial serait dans le train de retour de la conférence des travailleurs sociaux de rue à Prague. Mais à cause des inondations, notre train avait un retard de plus de deux heures. Nous avons donc choisi de prendre une autre correspondance avec trois changements et, au final, deux heures de trajet de plus – du coup, je n’ai pas eu l’occasion d’écrire du tout. Maintenant, il est presque minuit, mais j’ai promis d’envoyer l’éditorial aujourd’hui. On m’a demandé si tous ces voyages et tous ces efforts valaient le coup, s’il y avait tant de travail, et je vais essayer de donner une réponse…

…cela vaut la peine de se mettre en réseau avec les autres, même si cela demande beaucoup d’énergie, parce que :

J’ai pu entendre beaucoup d’histoires de succès dans des conditions de travail difficiles et plusieurs exemples de bonne pratique.

J’ai également écouté les soucis des uns et des autres sur la situation de groupes vulnérables dans la société radicalisée d’aujourd’hui et j’ai senti qu’il y avait beaucoup de gens qui partageaient les mêmes valeurs.

J’avais l’impression que toutes les méthodologies, pour des groupes cible différents, sur la rue et dans l’espace virtuel, ont déjà été inventées et il ne me reste plus qu’à me renseigner autour de moi.

Dans les ateliers débat, aussi bien les personnes des différentes ONGs que les municipalités ont essayé de se rapprocher d’un objectif commun, même si dans la réalité ces deux groupes d’acteurs s’observent d’un œil  méfiant.

J’avais la possibilité de comparer et de prendre du recul par rapport à mon propre travail ; quand une situation se complique, il faut vraiment regarder de loin pour ne pas perdre la vue d’ensemble.

J’ai revu des personnes du terrain que je n’avais plus vu depuis plus de cinq ans ; il était passionnant de savoir s’ils poursuivaient les mêmes projets ou s’ils en avaient développé de nouveaux.

Le contexte international et interculturel permet de voir nos problèmes et les problèmes des autres avec une perspective plus large.

Et c’était enrichissant de parler avec des collègues d’organisations différentes de mon propre pays sur des thèmes pour lesquels nous n’avons jamais assez de temps normalement.

Même si nos problèmes locaux sont déjà assez prenant, cela vaut toujours le coup de partager les expériences, la pratique et le soutien. A travers ces simples idées de minuit, j’ai essayé de vous montrer pourquoi.

Petra Hraňová, Ulita & Association of low-threshold programmes, Slovaquie

petra.hranova@ulita.eu.sk

 

LUTTE CONTRA LA PAUVRETÉ

ET L´EXCLUSION SOCIALE


Pour que la recommandation sur la pauvreté des enfants ne reste pas lettre morte – devenez actifs !

Comme nous l’avions mentionné dans notre newsletter précédente, la recommandation de la commission européenne sur la pauvreté et le bienêtre des enfants, avec le titre “Investir dans l’enfance pour briser le cercle vicieux de l’inégalité”, a été adoptée le 20 février 2013 comme partie intégrante du train de mesures sur les investissements sociaux en faveur de la croissance et de la cohésion.

La recommandation exige une approche de la lutte contre la pauvreté sous l’angle des droits de l’enfant et des stratégies intégrées qui se fondent sur trois piliers : l’accès à des ressources suffisantes,  l’accès à des services de qualité et d’un coût abordable et le droit des enfants à participer à la vie sociale. Cette recommandation à pour but d’inciter les états membres de l’UE à entreprendre des actions concrètes afin de promouvoir les droits de l’enfant et d’éradiquer la pauvreté et l’exclusion sociale infantile.

Cependant, cette recommandation peut être appliquée seulement si les acteurs nationaux réagissent !

Afin de traduire les recommandations dans des faits concrets, nous invitons tous les travailleurs sociaux de rue et les acteurs clé d’utiliser ces orientations politiques européennes pour exercer de la pression sur les gouvernements nationaux et régionaux afin que la recommandation sur la pauvreté et le bienêtre des enfants devienne une priorité dans les stratégies de lutte contre la pauvreté nationales.

CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE

Vous pouvez vous engager de plusieurs manières. Nous vous encourageons d’activer vos parlements nationaux et d’impliquer les membres du Parlement européen :

Faites appel au responsable de votre membre du parlement national chargé des questions de  pauvreté et d’inclusion sociale afin qu’il pose une question parlementaire sur l’application de la recommandation au niveau national.

Contactez les différents partis et candidats aux élections parlementaires par une lettre ouverte, dans laquelle vous mettez en évidence le rôle des travailleurs sociaux de rue et de la société civile.

Pour lire la recommandation européenne

N’oubliez pas de nous informer de vos activités de plaidoyer !

Dans l’attente de vos nouvelles,

Mari Fresu

Responsable Communication Politique

mari.fresu@travail-de-rue.net


 

NOUVELLES

Nouvelles de la Bulgarie – Un guide contre la violence dans la rue : partager les stratégies efficaces au niveau international

L’« alliance pour les enfants et la jeunesse » - l’organisation de travailleurs sociaux de rue en Bulgarie membre de Dynamo International –  a contribué à la création d’un guide de formation pour le praticien (disponible en anglais uniquement), un  programme de prévention à la violence de rue et de la violence entre pairs.

Ce guide est le fruit du programme « European Street Children Anti-Violence Program and Exchange » (ESCAPE, Programme européen contre la violence concernant les enfants de la rue) qui avait été mis en place par la fédération européenne pour les enfants en situation de rue grâce au financement de DAPHNE III.

Le projet ESCAPE vise à développer la prévention de la violence dans la rue ou entre pairs en comparant les différentes stratégies d’intervention qui s’adressent spécifiquement aux enfants et adolescents issus de l’immigration ou appartenant à des minorités ethniques. Ces stratégies vont être diffusées parmi nos partenaires en Europe de l’Est et de l’Ouest afin de créer une plateforme transnationale capable de promouvoir les actions efficaces contre la violence de la rue ou entre pairs et contre les modes de vie nocifs.

Le projet se concentre tout particulièrement sur :

  • l’échange de connaissances dans le domaine
  • la construction d’une plateforme transnationale pour une coopération intensive entre les travailleurs sociaux de rue des pays d’Europe de l’Est et de l’Ouest qui se spécialisent dans les activités avec des mineurs issus de l’immigration ou de groupes ethniques, et
  •  le développement d’un programme éducatif de prévention efficace avec le but de prévenir la violence dans la rue et les comportements à risque liés à la drogue, l’alcool ou le port d’armes.

+ Info

Guide

Ulyana Matveeva – Alliance pour les enfants et la jeunesse, membre de Dynamo International

matveevaulyana@gmail.com

 

Nouvelles du Pérou – Les nouvelles responsabilités de REDENAC : Vers un dialogue avec les pouvoirs publics

Depuis février 2013, la REDENAC, le réseau des travailleurs sociaux de rue à Lima / Pérou, organise régulièrement des réunions afin d’élaborer un code d’Ethique et de bonnes pratiques pour l’approche des travailleurs sociaux de rue dans la réalité péruvienne. A cette fin, le réseau a facilité la participation de certains membres qui désormais peuvent s’intégrer au réseau de forme indépendante, sans devoir compter sur l’appui d’un projet ou d’une institution.

De plus, la REDENAC participe aux réunions convoquées par le programme national Llachay, la section du ministère de la femme et des personnes vulnérables qui va activement à l’encontre des populations à risque dans les rues de Lima. Il s’agit d’un échange d’expériences, de points de vue et d’attitudes face à une problématique qui a récemment acquis une nouvelle visibilité au niveau du gouvernement central.  Dans le cadre de ce ministère, le gouvernement fait preuve d’une véritable volonté politique afin de profiter de notre expérience pour l’élaboration de propositions. Pour l’instant, le gouvernement a intégré comme point important dans son agenda de travail l’élaboration du code éthique, tout en désignant la REDENAC comme responsable de la commission chargée de ce travail. Ceci représente une grande responsabilité que nous accomplissons grâce au travail d’équipe.

Il est important de souligner qu’un tel niveau de communication et d’ouverture au dialogue entre le gouvernement  et la société civile sur le sujet des populations en situation de rue ne s’était plus manifesté depuis dix ans.

Fabrizio Caciano, membre de la plateforme Amérique de Dynamo International

fabriziocaciano7@hotmail.com

 

Nouvelles de la Grèce – “No Child on the Street!” : ARSIS se mobilise contre le travail des enfants

Pour la journée mondiale contre le travail des enfants le 12 juin, ARSIS – membre grecque de Dynamo International - a contribué à donner de la visibilité à cette problématique bien présente en Grèce.

Entre mai 2012 et mai 2013, ARSIS a repéré environ 900 enfants travaillant entre 6 et 12 heures par jour à Athènes et à Thessalonique. Des activités de sensibilisation ont été menées dans ces deux villes. Une conférences sur “l’exploitation des enfants et le trafic de mineurs en Grèce” ainsi que la distribution de matériel informatif ont permis à la population de mieux comprendre les enjeux du travail des enfants. Pour un soutien matériel immédiat aux enfants concernés, ARSIS a par ailleurs organisé une collecte de denrées alimentaires.

Communiqué de presse d’ARSIS

 

Nouvelles de la Belgique – TRACES DE RUE : Une nouvelle fédération des travailleurs sociaux se présente

Chères amies et amis, collègues et proches,

C’est avec une immense joie que je vous annonce que la fédération francophone des travailleurs sociaux de rue, Traces de rue, a vu le jour en février 2013 grâce à la volonté et persistance d’un collectif de travailleurs sociaux de rue désirant s’engager en tant qu’acteur de changement social.

Les défis à relever sont nombreux et les tâches à réaliser sont ardues, l’enjeu étant de construire des réponses adaptées aux besoins et aux intérêts des travailleurs sociaux de rue et de leurs publics précarisés confrontés à de complexes situations d’exclusion sociale. 

Ainsi, les travailleurs sociaux de rue ont un devoir d’interpellation lorsque leurs réalités de terrain rendent visible des problématiques sociales nécessitant d’élargir les champs du possible du vivre ensemble et donc un changement dans l’action sociale et la pensée politique afin de renforcer une cohésion sociale porteuse de justice sociale.   

Dans un contexte sociétal de plus en plus axé sur des politiques sécuritaires et de contrôles et où l’éthique et la déontologie sont souvent mises à mal dans le travail social, il était impératif pour ces travailleurs sociaux de rue de fédérer leurs actions et réflexions autour des missions suivantes :

  • Promouvoir leur conception émancipatrice du travail social de rue qui vise à permettre aux individus et collectifs d’individus de sortir ou d’échapper à toute forme d’exclusion sociale.
  • Promouvoir la reconnaissance du travail social de rue et sa spécificité dans le champ du travail social et défendre l’éthique, la déontologie et la méthodologie définies dans la Charte de Traces de rue.
  • Défendre l’accessibilité aux droits humains et leur applicabilité pour et avec leurs différents publics.
  • Interpeller les responsables politiques
  • Organiser des activités en lien avec leurs pratiques professionnelles (teliers d’échange de pratique, plénières, formation continue, supervisions, journées d’étude, débats publiques, …).

N’hésitez pas à nous rendre visite sur notre site web : www.travailsocialderue.be pour prendre connaissance de l’agenda de nos activités.

A très bientôt !

Véronique Martin, Traces de rue, plateforme belge membre de Dynamo International

 tracesderue@gmail.com   

 

 

Dynamo International présent au “Learning Forum” du Réseau européen de lutte contre la pauvreté (Laulasmaa - Estonie, 21-25 Mai 2013)

 Dynamo International Street Workers Network, representé par Adélaïde Trousselard, a participé au premier « Learning Forum » organisé par le Réseau européen de lutte contre la pauvreté (EAPN). Dynamo International est membre de ce réseau depuis 2012.

L’objectif d’un tel événement était de permette aux organisations actives dans la lutte contre la pauvreté de partager leurs compétences et expériences et d’acquérir de nouvelles connaissances sur les situations concrètes en lien avec la pauvreté dans des dizaines de pays représentés. Cette rencontre ne se limitait pas au continent européen puisque le réseau EAPN est lui-même membre de l’organisation Dignity International qui regroupe des organisations travaillant en faveur des populations vulnérables sur différents continents (www.dignityinternational.org). 

Cet événement a permis de rencontrer des représentants des organisations nationales d’EAPN qui devraient être mis en lien avec les membres de Dynamo International pour des actions conjointes. Il a également permis de mieux comprendre les réalités locales et de rencontrer, via des visites de terrain, des acteurs politiques et associatifs estoniens. Ce Forum a également permis de faire connaître Dynamo International et le travail de rue comme moyen d’approche des personnes vulnérables.

Une page Facebook a été spécialement créée pour cet événement. Vous trouverez le programme, des photos et l’ensemble des présentations en lien avec les ateliers organisés sur le site d’EAPN

Contact : Adelaïde Trousselard, chargée de projet, adelaide@travail-de-rue.net

 

L’UNION EUROPÉENNE ET VOUS

L’UE s’engage à garantir une éducation primaire à tous les enfants d’ici 2030

L’Union européenne a confirmé son engagement à rendre l’éducation plus égale et de meilleure qualité au-delà de 2015 lors d’une conférence le 23 mai. 2015 est la date buttoir pour atteindre les objectifs établis en 2000 dans le cadre du mouvement “éducation pour tous” lancé par l’UNESCO afin de promouvoir l’accès à l’éducation pour tous. La Commission a annoncé qu’au moins 20% du budget d’aide au développement de la prochaine période de financement de l’UE (2014-2020) sont prévus pour le développement humain et l’inclusion sociale, ce qui comprend l’éducation.

Le Commissaire européen en charge du développement Andris Piebalgs a assuré qu’en 2030, chaque enfant aura accompli une éducation primaire, indépendamment de son contexte social, et acquis les compétences fondamentales en lecture et en calcul. Le Commissaire a affirmé qu’il était “inacceptable que, de nos jour, 61 millions d’enfants n’ont pas accès à l’éducation fondamentale.”

Depuis 2004, les fonds de l’UE ont contribué à la scolarisation de 9 millions d’élèves dans l’école primaire dans des pays en développement. Mais l’alphabétisation représente également un défi important en Europe : l’écriture et la lecture posent des difficultés à un élève sur cinq et à plus de 73 millions d’adultes. En 2011, la Commission a donc mis en place un groupe de travail d’alphabétisation pour identifier les meilleures pratiques et pour promouvoir la coopération dans le domaine à travers l’Europe. Elle a, par ailleurs, créé un site web sur l’alphabétisation et a lancé la campagne “l’Europe aime lire”. Il est prévu d’établir un réseau européen des organisations d’alphabétisation nationales.

Site web Europa

 

 

AGENDA


 À VOS AGENDA ! Conférence « Protection Sociale, Citoyenneté et Travail Social de Rue »

Quel rôle pour les autorités locales et les travailleurs sociaux de rue ? Bruxelles, Comité des Régions, 22 novembre 2013

Lors de cette conférence, nous voulons ouvrir le débat sur les défis et les responsabilités des autorités locales, des ONG et de la société civile pour une meilleure protection sociale dans l’Union européenne.

La protection sociale est cruciale pour tous les citoyens, notamment en temps de crise économique. Les personnes en situation de rue, et surtout les enfants sont particulièrement touchés par cette problématique. Dans ce contexte, les autorités locales et régionales jouent un rôle fondamental dans la promotion de la protection sociale et la lutte contre l’exclusion sociale. Témoins de première ligne d’une situation qui ne cesse de se détériorer, les travailleurs sociaux de rue occupent une place centrale dans le soutient et l’accompagnement des populations vulnérables. Afin de mettre en place une protection sociale efficace et de promouvoir une citoyenneté active il est important de renforcer l’échange et la collaboration entre les différents acteurs concernés.

Contact : mari.fresu@travail-de-rue.net

PAROLES DE RUE

TEMOIGNAGE – La mobilité d’animateurs de jeunes en Europe : entre adaptation, apprentissage et les petits plaisirs d’une nouvelle culture

Veronica est venue d’Italie pour travailler à Dynamo International en Belgique pendant six mois. Cet échange entre son association italienne EUFEMIA et Dynamo International a été rendue possible grâce au programme européen Jeunesse en Action de la Commission européenne qui soutient entre autre la mobilité d’animateurs jeunes.

Veronica décrit les défis inattendus auxquels elle a dû faire face dans un nouveau contexte de travail avec ses institutions et ses règles, mais aussi l’enrichissement professionnel et personnel que cette expérience lui a apporté. La découverte de la culture belge, le développement d’une nouvelle coopération entre EUFEMIA et Dynamo, la rencontre et l’échange avec les jeunes … autant d’aspects différents qui ont marqué son séjour qu’elle partage avec nous dans son témoignage.

 

A LA RENCONTRE des travailleurs sociaux en Belgique

La coordinatrice de Traces de Rue, Véronique Martin, s’est rendue sur le terrain des travailleurs sociaux de Belgique : à Bruxelles et à Liège elle a accompagné ses collègues dans leur travail quotidien.

Dans son témoignage, elle nous présente les différentes facettes du travail social de rue et les situations personnelles complexes dans lesquelles interviennent les travailleurs sociaux. Un travail qui demande autant de qualités personnelles que professionnelles.

 


 

L’information contenue dans cette publication ne reflète pas nécessairement la position ou l’opinion de la Commission européenne.