Publication : Essai de transformation sociale dans le quartier Picassiette à Chartres

Transformation sociale et urbanistique du quartier populaire des Hauts-de-Chartres depuis une trentaine d’années grâce à la pratique de la mosaïque par ses habitants.

Inspirée par l’œuvre de Raymond Isidore, dit Picassiette, la Régie de quartier des Hauts-de-Chartres, structure d’insertion par l’économique agréée par les services de l’Etat, applique depuis sa création une démarche particulière d’accompagnement social et de développement urbain.

Picassiette, le balayeur devenu artiste…

Lors de la mise en place de la Régie en 1989, la population du quartier évoque le souvenir du balayeur du cimetière qui ramassait les morceaux de verre et d’assiettes pour décorer les murs de sa maison. Les habitants gardent encore en mémoire l’exemple de Raymond Isidore, dit Picassiette, balayeur devenu artiste mosaïste. Son histoire évoque l’importance de libérer sa créativité.

Son œuvre donne à Patrick Macquaire, chargé d’accompagner la réhabilitation du quartier, la matière d’une construction particulière, celle d’une Régie de quartier, cheville ouvrière d’une reconstruction du quartier et de ses habitants.

Patrick Macquaire raconte cette histoire dans son ouvrage « Essai de transformation sociale dans le Quartier Picassiette à Chartres », dont la version française est disponible aux éditions L’Harmattan dans la collection ‘Éducateurs et Préventions’. Le livre est également disponible en italien sous le titre « Il quartiere Picassiette, arte del mosaico e transformazione sociale a Chartres ».

De la cité de transit au ghetto

« L’histoire des Hauts-de-Chartres et de sa Régie de quartier, c’est l’histoire du temps et de la lenteur : celle du mosaïste qui taille inlassablement chacune de ses tesselles pour obtenir une création unique ; celle de l’ethnologue qui reconstruit un quartier et lui donne une âme » — Renée Malaval, Mosaïque Magazine.

Le quartier des Hauts-de-Chartres était une cité de transit d’après-guerre devenue un ghetto, un no man’s land livré à lui-même, et dont la population subissait un taux de chômage et de délinquance élevés.

Il était nécessaire d’associer les habitants à la réhabilitation de leur quartier pour leur permettre de se reconstruire socialement. Sollicités pour décorer les rues de mosaïques, la population adopte alors la démarche de ce balayeur artiste mosaïste en s’autorisant à créer et à construire.

Réparer au travers de la mosaïque

Aujourd’hui, la Régie porte 6 ateliers d’insertion (ménages, entretiens, espace verts, mosaïques, bois et maintenance). Ces ateliers s’adressent à un public éloigné de l’emploi et en rupture sociale.

La réalisation d’activités valorisantes et artistiques, telle que la mosaïque, et la mise en œuvre d’évènements culturels liés à cette pratique, permet de réparer une conception du travail et nourrit un besoin de reconnaissance.

Parmi ses réalisations, l’atelier mosaïque de la Régie compte la décoration des cages d’escalier des nouveaux immeubles des Hauts-de-Chartres, l’installation de mégalithes partiellement couverts de mosaïque et le fléchage du chemin des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle.

A propos de l’auteur :

Patrick Macquaire est né en 1953 en Allemagne. Éducateur spécialisé et ethnologue de formation, il s’est principalement consacré au travail de rue et au développement social urbain. Durant 25 ans, il a assuré la direction d’un centre social et la mise en place d’une régie de quartier et créé les Rencontres Internationales de Mosaïque et les expositions de la chapelle Saint-Eman à Chartres. Il est l’auteur de « Le cercle des homards », prix du salon insulaire d’Ouessant, (Ed. Petra, Paris 2013).


En savoir plus :
  • Photos du quartier mosaïque des Hauts-de-Chartres sur le site de l’association Les 3R à l’origine de la Régie de quartier
  • « Le petit atelier mosaïque est devenu grand », L’Écho Républicain, 30 mars 2018 accessible via le site des éditions L’Harmattan
  • Podcast, Voix du partage, une émission de Radio Grand Ciel accessible via le site des éditions L’Harmattan
A lire aussi sur notre site :

Ci-dessous, le portrait en mosaïque de Patrick Macquaire réalisé par Gérard Brand, un artiste d’Obernay.

Publication : Essai de transformation sociale dans le quartier Picassiette à Chartres