Rencontre réseautage : « Les travailleurs de rue doivent prendre la parole » (Genève, 11 oct. 2017)

Le 28 septembre 2017, Alexandre Widmer, travailleur de rue en Suisse à l’Espace Prévention la Côte, était à Genève pour représenter Dynamo International-Street Workers Network lors de l’événement organisé en marge du Sommet des Droits de l’Homme par notre partenaire le Consortium for Street Children (CSC), réseau international d’organisations et individus militant pour les droits des enfants des rues.

La rencontre s’est tenue au Palais des Nations Unies. Elle a permis de présenter officiellement la nouvelle Observation Générale sur les droits des enfants en situation de rue aux représentants d’Etats, de l’économie privée et de la société civile.

Alexandre, professionnel du travail de rue plus habitué au terrain et à la rue, partage cette expérience au sommet et ses impressions sur cette rencontre « réseautage » entre membres et partenaires du CSC, organisée en préambule à la conférence des Nations-Unis.

« J’étais le seul travailleur de rue »

Il me semble que j’étais le seul travailleur de rue dans l’audience. Pourtant, nous sommes des éléments importants du travail mené auprès des jeunes en situation de rue.

C’est pourquoi, lors de mon intervention, j’ai notamment insisté sur notre expertise du terrain et de la rue, notre travail de plaidoyer quotidien à une échelle plus locale. Dynamo International-Street Workers Network peut aussi être un acteur de choix pour donner une voix aux enfants en situation de rue et établir un travail de sensibilisation et d’information auprès des pouvoirs publics.

Une certaine « déconnexion » avec la réalité de terrain

J’ai en effet noté une certaine « déconnexion » avec la réalité de terrain et une logique centrée fortement sur des enfants en situation d’urgence dans la rue. Il m’a aussi semblé que cette rencontre était surtout destinée aux grosses structures et ONG qui ont une approche plus théorique du travail de rue.

Les travailleurs de rue doivent être consultés et prendre la parole

Les professionnels qui accompagnent et suivent au quotidien ces enfants doivent être représentés, consultés et entendus au plus haut niveau des instances décisionnelles. C’est dans ce but que j’ai pris la parole. Je voulais mettre le doigt sur l’importance de nos contributions. Les membres de Dynamo International-Street Workers Network doivent mettre leur grain de sel et leur expertise dans ces discussions.

L’application « volontaire » de l’Observation Générale par les Etats

De mon point de vue, le texte de l’Observation Générale traduit une certaine connaissance des réalités de terrain. Son contenu est tout à fait pertinent. Mais selon certains représentants d’ONG, le caractère non contraignant de l’Observation Générale laisse trop de flexibilité aux Etats dans sa mise en application. 

Les moments marquants de la rencontre

  • L’intervention du représentant uruguayen parce qu’elle a permis d’expliquer concrètement les actions mises en place sur le terrain et de rappeler l’intérêt d’un accompagnement holistique à long terme. L’approche holistique de l’Observation Générale, les notions « d’empowerment » et de dignité ont d’ailleurs été relevées par la majorité des intervenants lors de la conférence
  • Le témoignage de M. Dedho Luamba, ancien enfant des rues, sur son expérience de la rue et du travail entrepris avec l’organisation Apprentis d’Auteuil : « Il m’importe de vous apporter un regard sur la rue, vous qui n’y êtes pas».

Rencontre internationale à Sao Paulo les 27 et 28 novembre 2017

Les 27 et 28 novembre 2017, à l’initiative de l’Association du barreau américain, une rencontre internationale sur cette thématique a été organisée à Sao Paulo au Brésil. Trois membres de Dynamo International-Street Workers network y ont participé en tant que leaders : Maria Ximena Rojas Landivar (Bolivie), Verónica Müller, Associação de Educadores Sociales de Maringá (Brésil), Luis Enrique Hernández, El Caracol (Mexique).


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